L'affaire, vous disais-je.

C’est la fin. Parcourue des spasmes d’un moribond, elle bouge encore, sous la plume acharnée de la presse qui lui donna vie. Une direction, …

C’est la fin. Parcourue des spasmes d’un moribond, elle bouge encore, sous la plume acharnée de la presse qui lui donna vie. Une direction, une rédaction, des politiques qui se déchirent, des mots, une gangrène de l’info nourrie par ceux même qui la redoutent, bref, une affaire, enfin, une vraie. Décaillet fait désormais partie du passé. Quoi qu’il arrive. Quoique vous décidiez.
Honte à vous tous, cantonnés dans le confort douillet de votre horizon provincial, incapables de conserver une once de sang froid, indignes du véritable enjeu de cette farce.
La mesure, messieurs, c’est ce qui a permis à notre espèce de progresser, d’écrire, de réfléchir, et vous n’en faites pas plus montre aujourd’hui qu’un troupeau de bêlants transgénique. Le drame, messieurs, c’est que vous n’êtes pas seuls devant votre miroir à bafouiller vos idées. Un parterre de manants crédules et vociférants, prêts à bondir dans le sillage du moindre leader syndical, est tapi à l’ombre des médias et vous écoute.
Des enfants aussi, des ados qui se cherchent et cherchent des modèles. Et que voient-ils ?
Des égoïstes qui manient les médias comme des apprentis. Et tout ça nous pétera au nez.
Pierd’o

Federico Camponovo, ça vous dit quelque chose?

A moins d’éplucher vaillamment les 390’000 signes (je m’y connaîs!) que compte chaque édition du quotidien 24 heures, tout le monde a logiqu …

A moins d’éplucher vaillamment les 390’000 signes (je m’y connaîs!) que compte chaque édition du quotidien 24 heures, tout le monde a logiquement oublié le prédécesseur de Christophe Passer aux commandes de l’Illustré.
Sous sa plume pourtant et à la une de son édition d’hier, notre « julie » nous offre deux têtes qui font Lausanne, ou plutôt Renens, devrait-on dire.
Le premier est célèbre pour avoir créé IKEA. Mais ce n’est plus qu’une péripétie dans l’article de 24 heures. Il est milliardaire – vous sentez la tension monter? – pingre, invisible – là, on frise le scoop, non? –  mais surtout, il vient de se fendre de 500’000 de nos petits francs pour aider le deuxième à financer un auditorium dans les nouveaux locaux de l’Ecal à Renens. Et comment qu’y va s’appeler, le petit auditorium, (dites-le nerveusement avec une tessiture de contre-ténor et en sautillant sur place) hein? Comment?
Ben IKEA, voyons! Y’a pas de petit profit.
Faut-il être en mal de « une » pour relayer l’un des événements les plus navrants de l’économie vaudoise de ces derniers mois?
Je veux parler de l’argent (5 millions tout de même!) que l’on va consacrer à former des volées d’artistes satisfaits et médiatisés alors qu’on ne sait plus quoi faire des 2000 jeunes sans apprentissage de notre canton.
Je ne sais pas ce que mérite Pierre Keller vraiment, d’ailleurs, on s’en fout. Mais ce qui est désopilant, c’est de jouer de cet instrument-là pour exister. Car Pierre Keller est un instrument de la presse et vice-versa. Pierre Keller est un instrument du Canton qui le lui rend bien. Pierre Keller est un instrument du design qui le lui rend au centuple en le faisant exister, à Londres, à Tokyo et à Renens. Quelqu’un me disait l’autre jour: »Mais à qui Pierre Keller ne fait pas peur? ». Franchement, je ne sais pas. Moi, en tout cas, je tremble. Je tremble pour une presse critique et objective, pour un état farouchement décidé à servir ses électeurs sans céder à ceux qui brandissent la notoriété.
Au fait, quand on a 15 milliards, vous savez combien ça fait, CHF 500’000? Soyons fous: disons que vous avez un million… (moi je n’en ai pas, mais vous allez me dire que ce n’est pas en écrivant des sottises que je vais y arriver!). Eh bien ça fait CHF 25.-! Le prix d’une assiette du jour au Flon.
Restons branchés!
Pierd’o

Vous ne perdez rien pour attendre…

Elle. Comment exister lorsqu’on est une femme? Comment se battre, lorsqu’on est une femme, pour les droits de l’homme? Comment oser se prése …

Elle. Comment exister lorsqu’on est une femme? Comment se battre, lorsqu’on est une femme, pour les droits de l’homme? Comment oser se présenter, avec une voix de femme, un air de femme, un coeur de femme, devant tant d’hommes qui redoutent les femmes? Comment cesser de ne rien dire, où chercher le courage, la rage, comment entendre et ne pas céder, comment foncer, comment vaincre, comment rester modeste, comment rester femme?

Lui. Comment exister lorsqu’on est un homme? Comment se battre, lorsqu’on est un homme, contre les droits de la femme?
Comment se présenter, avec une voix d’homme, un air d’homme, un coeur d’homme (?), devant une femme qui redoute l’oubli, l’exclusion, l’injustice, le silence? Comment cesser de causer, où chercher le courage, la finesse, comment écouter et se laisser convaincre, comment suivre, comment aimer et rester modeste, en restant un homme?
Merci Madame d’être telle que vous êtes. Et tant pis pour les autres.
Pierd’o

Pas joli-joli !

Lentement, inexorablement, l’épisode « Décaillet » évolue, s’insinue, gonfle, enfle et s’étend, avec autant de jalons attendus qu’une véritabl …

Lentement, inexorablement, l’épisode « Décaillet » évolue, s’insinue, gonfle, enfle et s’étend, avec autant de jalons attendus qu’une véritable affaire. De Dreyfus à Dieudonné, en passant par ELF, Tournesol et même Outreau, les « affaires » passionnent, enflamment, divisent, déchirent. Il y a d’abord le relais médiatique, assuré par un organe de presse démago, puis viennent les commentaires populaires entendus à la stammtisch de la Croix-Blanche de Courtételle. Suivent les injures, les larmes. Les réponses, les droits de réponses, les débats, les déballages. Les rebondissements, les mobilisations, les pétitions.
Les confessions, le temps qui passe, l’ennui…
Vous m’ennuyez, Stéphane Bonvin. Samedi dans « mon Temps », celui de 8h15 devant mon petit noir avec un filet de soleil sur l’oreille, vous titrez « Décaillet, notre Loana ». Franchement, Monsieur, je pense à cette phrase qu’il faudrait laisser traîner avec le ton de son Guitry d’auteur : « Les critiques sont comme les eunuques: ils savent mais ne peuvent pas ». Craignez-vous donc, comme tant de témoins de la médiocrité de la presse, que quelqu’un qui évoque plus volontiers Gonzague de Reynold que Lauriane Gilliéron ne vous fasse de l’ombre ?
Il y a quelques années, on se foutait de Pierre Mercier parce qu’il n’utilisait que 5000 mots dans ses commentaires sportifs (largement suffisant à mon goût d’ailleurs) sur la Première. Aujourd’hui, on esquinte Décaillet pour le contraire… Navrant! mais le plus grave, c’est d’en parler.
Je tremble à l’idée que peut-être, en France, même voisine, des auditeurs de France-Inter constatent, médusés, à quoi s’amusent les suisses, en redoutant que des gens bien disent les choses trop bien.
Je ne sais pas si j’aime Décaillet, mais il est bon, Monsieur.

Débat d'idées !

Qui l’eût cru ! Il en faut peu, tout de même, pour poser des vrais questions, provoquer un grand débat, secouer les consciences, remuer le c …

Qui l’eût cru ! Il en faut peu, tout de même, pour poser des vrais questions, provoquer un grand débat, secouer les consciences, remuer le citoyen ! Deux malheureuses caissettes bleues dans le gris du matin, un bout de psaumes, bleu aussi, du jaune, manque plus qu’une bannière étoilées (la bleue, donc !) pour achever le cliché. Faudrait proposer ce dilemme à Infrarouge. Entre la caissette du Matin bleu boiteuse et celle de 20 minutes à moitié vide, y’a comme de la tempête sous les crânes qui se prépare, de la chair à micro, du gibier de plateau, du taf pour la télé. Et si Romaine est en forme, elle peut même s’aventurer dans le métaphysique et tenter de répondre à la question: pourquoi le journal de 32 pages est épuisé et pas celui de 64 ? Parce que c’est plus vite lu, banane !
Pierd’o

Nous y voilà!

Bien sûr, on va m’accuser de mettre de l’huile sur le feu, ou plutôt du schnaps dans le papet, ou encore de la damassine dans les roestis… …

Bien sûr, on va m’accuser de mettre de l’huile sur le feu, ou plutôt du schnaps dans le papet, ou encore de la damassine dans les roestis… Eh bien oui, na ! Un brillant responsable du marketing de Tamedia, au micro de RSR-La Première ce matin, disait (je vous épargne l’accent): »(…)Il y a la place pour deux gratuits en Suisse romande, et vous savez bien que le Matin Orange est gratuit puisque personne ne le paie. » Vous avez vu, comment, sous les propos sibyllins et un peu naïfs d’un premier de classe zurichois, un quotidien romand existant depuis des décennies devient gratuit ? Et comment, dans la foulée (y’a pas de mal à se faire du bien!), le même monsieur ne donne pas cher du Matin Bleu. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont avantage à cartonner, avec leur 20 minutes! A faire péter le Nasdaq, à faire siffler le SMI, à atomiser le Dow Jones et le Nikkei, ceux de la Werdstrasse. Avec un égo de cette dimension, il va falloir changer la taille des caissettes! Mais ça, Edipresse s’en occupe déjà!(20 minutes, page 4)
Au fait,un gratuit, c’est combien d’exemplaires par personne?
Non, je pose la question parce que ce matin, à Ecublens, un employé d’une grande entreprise s’est emparé, sans sourciller, d’une cinquantaine de Matin Bleu et d’une quantité équivalente de 20 minutes! Je ne l’ai pas suivi jusqu’à la caissette du Matin Orange, de l’autre côté du centre commercial…
Pierd’o

Lettre à Joëlle Kunz

En relisant vos « Affaires intérieures » dans le Temps du 1er mars, je me suis dit: « A quoi bon, c’est vrai, à quoi bon réfléchir, disserter, …

En relisant vos « Affaires intérieures » dans le Temps du 1er mars, je me suis dit: « A quoi bon, c’est vrai, à quoi bon réfléchir, disserter, publier, s’exposer… » Je vous aime bien Joëlle Kunz: pas de fard, juste du journalisme pur, juste des idées relayées par des faits, un regard. Mais ce regard, Joëlle, vous le posez dans le Temps. Moi pas. « Charabias. Bavardages. Parlotte parlée » avancez-vous. C’est plus simple lorsqu’on a une tribune, un nom, une plume. Alors le blog c’est pour tous les autres. Le blog, Joëlle, ça permet d’avoir un coeur gros comme ça, de dire qu’on est pas d’accord avec les périlleuses errances syndicales d’Un1a tout en aimant bien l’accent du concierge de la Boillat, le trémolo dans la voix des métalos, tout en détestant le rictus satisfait de l’administrateur et l’arrogance des princes du libéralisme.
Le blog, Joëlle, ça permet de se demander, par écrits, qui est le plus médiocre, Patrick Nussbaum ou Michel Jeanneret ?
Le premier aimerait que Pascal Décaillet fasse « plus sobre » sur les ondes de la Première entre 18h et 19h, le deuxième, titre dans le Matin-Dimanche du 5 mars: « La RSR demande à Décaillet d’abandonner «Forums» ». Le premier doit redouter que Décaillet lui fasse de l’ombre, ou illumine le ciel du PAS (Paysage Audiovisuel Suisse). C’est ça notre problème, faut pas être trop bien, faut pas s’emporter, s’envoler. Le lyrisme, la rhétorique, la finesse, la spiritualité, ça dérange, ça indispose sur nos ondes. Le deuxième donne dans le mauvais scoop gratuit qu’on verrait bien un 1e avril… Comme d’habitude dans le Matin. Pauvre Suisse. Heureusement qu’il y a France-Inter de temps en temps!
Alors, Joëlle, vous comprenez maintenant, à quoi k’ça sert, un blog? Sans compter, Joëlle, qu’à laisser les gueux, les besogneux de la prose vitupérer, on donne au public, par comparaison, l’occasion de se faire une idée de l’intelligence. Et là, vous avez de l’avance.
Joëlle, vous avez raison, vous n’avez pas besoin de blog pour qu’on vous aime. Et moi je prends le temps de vous le dire, non mais sans blog!
Pierd’o

La grippe des oiseaux

Ce pauvre Giono doit faire des looping sur son nuage: après le sida, la noma, la polio, le sras, voici la grippe des animaux, et pas n’impor …

Ce pauvre Giono doit faire des looping sur son nuage: après le sida, la noma, la polio, le sras, voici la grippe des animaux, et pas n’importe lesquels, les oiseaux ! Ceux-là même que chantent Perret et Fugain, libres comme l’air, ceux-là même qui volent, symboles à eux-seuls de la vie sur terre et de l’innocence. Qui n’a rêvé, pétri d’idées noires, des pires cauchemars, d’une vie sans oiseaux. Et c’est ce qui se prépare, entre deux tsunamis, entre deux ouragans, entre Ahmadinejad et Kim Jong-il, entre Bush et Condi, entre vous et moi.
Déjà, voyez-vous, tout nous échappe.
Pierd’o

Grand débat (llage) public sur le cinéma suisse

Mon dieu, faites que personne ne nous entende, de l’autre côté du Rhône et du Doubs, de l’autre côté de l’art et du bon goût. Faites qu’une …

Mon dieu, faites que personne ne nous entende, de l’autre côté du Rhône et du Doubs, de l’autre côté de l’art et du bon goût. Faites qu’une mégapanne gèle les ondes de la radio, de la télé qu’on fait chez nous, faites que ce qu’on dit reste chez nous, mon dieu. Faites que Constantin Gavras ait oublié ses lunettes en venant en Suisse hier, qu’il n’ait pas entendu notre radio, notre télé se demander si Grounding devait devenir un modèle pour le cinéma suisse !
Faites qu’il reparte vite ce matin, vers son destin, sans entendre les questions qu’on se pose, nous, sur l’avenir de notre cinéma. Tudjuuu les questions qu’on se pose par ici. Faites votre cinéma, messieurs, trouvez de l’argent, dînez avec Nicolas, écrivez, rêvez, entreprenez, mais de grâce, cessez de vous lamenter ! Pensez à Godard, à Tanner, à Reusser, à Yersin. Et vous les journalistes, ne nous faites pas passer pour plus provinciaux que nous sommes, de toute façon, quoi que nous fassions, dans l’art, le sport et la science, c’est une question de culture.
Pierd’o