«J'adore le Nutella et les hamburgers!»

Dans une récente interview consacrée à ses souvenirs d’animatrice de l’émission « A côté de la Plaque », Manuela Maury avouait son malaise lor …

Dans une récente interview consacrée à ses souvenirs d’animatrice de l’émission « A côté de la Plaque », Manuela Maury avouait son malaise
lors de l’épisode consacré à Peter Rothenbühler (Réd. en chef, le Matin).
Je me souviens en effet d’un quinqua à la voix chaude et plutôt rassurante, vaguement épicée d’un accent fleurant bon la Matte, saupoudré avec soin.
Pas moins subtils, le trémolo dans les mots qu’il pèse et qu’il livre,
la glotte tremblante, les battements de paupières, cet air de bon type pris au piège.
Inspiré peut-être par l’objectif avoué de l’émission, il fit même preuve d’une belle perspicacité en indiquant qu’à la télé, celui qu’on égratigne est pris en sympathie par le public. Il devait deviner à quel point Meury,
deux minutes plus tard,  allait l’aimer, à mort, lui dont on souhaite qu’il nous déteste !
il n’y a qu’un Meury et sa mauvaise foi est un bonheur chaque fois retrouvé, mais moi, ce matin, j’ai aussi envie d’aimer très fort
le rédacteur en chef du Matin dont les manchettes jaunasses étaient à 20’000 km de Java…
Pierdo

Rien à foot !

Les paradoxes ont souvent donné à l’histoire son grand H, ses grands hic, le grand cric qui croque.

Les paradoxes ont souvent donné à l’histoire son grand H, ses grands hic, le grand cric qui croque. Le foot – ou plutôt la grand-messe du mondial qui va faire des mâles, pour un mois, les autistes que les dernières saintes encore indécises pourraient se décider à quitter définitivement – me donne de l’urticaire. Le foot des six-pack de blanche danoise, des écrans plats à 499.-, des 60’000 filles perdues qui vont s’irriter la peau sur la panse blanche et velue de supporters avinés, le foot des albums Panini auxquels succombent des millions de crétins qui fondent des clubs, organisent des bourses, s’excitent et exultent pendant que la planète se meurt. Le foot du fric, le foot à Blatter, le foot comme seul horizon, comme seul salut pour les mal partis, du Brésil au Togo, de Séoul à Tobago.
Alors je me souviens que le foot a ses fans de luxe, ses VIP,
ses fans de prestige qui s’échinent à lui donner quelques miettes
de noblesse… Finkielkraut, Haldas, Pivot, Camus, même,
peut-être a l’abandon de ses émotions d’adolescent.
On leur pardonne le foot comme un travers, comme un bémol,
comme un écart, une faiblesse, une fixette inoffensive…
Moi, je n’aime pas le foot. Et ce n’est pas un truc pour soigner mon crédit auprès du beau sexe.
Cela dit, si vous êtes comme moi…
Pierd’o

Pas toi Christophe !

Dans l’édito de ton Illustré, ce mercredi, tu titres « Leuthard ». Tu aurais pu dire aussi « Bachelet », « Merkel », «Clinton», «Royal»…Sa …

Dans l’édito de ton Illustré, ce mercredi, tu titres « Leuthard ».
Tu aurais pu dire aussi « Bachelet », « Merkel », «Clinton», «Royal»…
Sauf que ces deux dernières ne sont pas aussi certaines d’être élues demain.
Tu n’as jamais dit Couchepin, Leuenberg, Schmid, Deiss ou même Merz parce que ce n’est pas très joli, sous ta plume. Parce que tu es un tendre, Christophe, un vrai, un « comme nous ». Mais avant-hier, la moutarde t’est montée au nez, et devant ta feuille blanche, tu as décidé d’esquinter une femme. Bon d’accord, elle est jolie, sûre d’elle, intelligente, maligne, sûrement, ambitieuse, probablement, imbattable, sans aucun doute.
Et alors ?
C’est quoi le problème ? C’est parce que c’est une femme, Christophe, dis-moi ? Parce qu’elle est placée là, pour une fois, comme cent cinq de ses prédécesseurs masculins depuis 1848 ? Pour une fois que l’actualité ne nous afflige pas avec une pét… pardon, une miss, une nouvelle star, une skieuse assassinée… Pour une fois qu’une manœuvre aboutit, que les lobbies fonctionnent… Pour une fois qu’elle ne fait pas de faute de genre, de goût, pour une fois qu’elle nous regarde, qu’elle te regarde, pour une fois qu’elle est désirable…
Alors j’ai envie de te dire Christophe, laisse ton cœur ,déjà, aimer cette dame. Cette crinière brune, cette bouche pleine de dents, cette vie pleine de promesses.
Mme Leuthard n’est pas une femme à tout prix, et sa seule malchance à tes yeux, c’est d’être seule à mériter de succéder au troisième romand, Christophe, vraiment…
Pierd’o

Nouvelle star…

Quitté, désespéré, aveuglé, fou, Gerold Stadler a vidé le chargeur de son arme sur sa belle famille. Le fait que le déroulement de ce drame …

Quitté, désespéré, aveuglé, fou, Gerold Stadler a vidé le chargeur de son arme sur sa belle famille. Le fait que le déroulement de ce drame constitue un intérêt ou non n’a pas beaucoup d’importance en soi, mais je vais lui en donner une. Au moins.
L’homme est seul avec Corinne. Le ton monte. L’homme sombre. Il tire. Alerté par les coups de feu, le frère de Corinne s’interpose, comme sa maman, criant, voyant sa fille inanimée.
L’homme tire à nouveau. Absent à ce moment, le père de Corinne est épargné.
Devant son œuvre, l’homme se réveille. Il doit fuir.
Le matin à la RSR, on parle d’inquiétude dans la population, de psychose même. Le monstre rôde. Il est dangereux et armé…
Voilà le père d’un enfant de deux ans, précipité dans l’horreur par son propre chagrin. Voilà un sous-homme, vivant désormais avec son forfait comme un malade avec son cancer.
Mais c’est sûr, bonnes gens, prenez garde. Il peut tuer, violer, dévorer, mais surtout faire des gorges chaudes dans notre pays qui s’éveille enfin, sous les bourgeons du printemps.
S’il est encore vivant, cet homme n’est déjà plus de ce monde, croyez-moi.
Sous la plume des médias, savamment orchestrés, les événements et les non-événements font les manchettes. Le Matin (Orange) du lundi s’occupe de Marie-Ange Brélaz… Celui du mardi de son mari Daniel… Et du drame des Crosets : Rien ! Mais que se passe-t-il ? Où sont les languettes jaunes et bien saignantes qui pendouillent sous les caissettes ? Veut-on tromper l’ennemi, faire croire au lecteur qu’on s’occupe désormais du bonheur ?
Détrompez-vous, ce matin, pour le Matin, Corinne était enceinte.
Pauvre de nous.
Pierd’o