Y'a pas d'âge pour les fleurs bleues…

Elle a l’âge qu’on ne cache plus.

Elle a l’âge qu’on ne cache plus. Celui qu’on avoue volontiers parce qu’enfin, on est bien dans ses Geox, l’âge qu’on a quand les enfants de nos amis sont adultes et ne nous pissent plus sur les genoux, l’âge où les pattes d’oies, où la petite bosse (ouais mais alors petite, hein..!) en-dessous du nombril rassurent tout le monde.
Et pourtant…
M’a fait jeudi un chantier épouvantable parce qu’elle a raté Darius au TJ puis PPDA au 20 heures.
Elle voulait voir les toilettes à Carla… Elle voulait rêver que la fête était plus belle à ailleurs… Etre reçue au château, côtoyer ce que Londres recèle de ladies, de lords, de laquais, de groom, de valets… De carrosses, de faste suranné. Dira à peine bonjour, samedi, à Odette la coiffeuse et se perdra dans Voici, dans Gala.
Moi, je l’ai pas ratée, Carla et sa petite courbette aux Windsor, sur un coin de mon 19 pouces, au bureau, sur Zattoo … Tant de futilité érigée en art de vivre… Elle est bien Carla…. Qu’est-ce qui lui manque, maintenant, pour avoir fait le tour de la question, le tour des hommes…les philosophes, les musiciens, les financiers, les acteurs, les pigeons, les présidents… Jaloux, moi ? De qui ? Pas du tout. De moment qu’elle lui fait de l’ombre, elle peut rester à la lumière.

Pierre d’o

Si c'est pas malheureux…

Regardez-moi ça, ce museau inimitable, cette grille d’où semble filtrer le miaulement sourd d’une alignée de cylindres gavés au sans plomb. Sentez-moi ça, la sellerie Connolly, les garnitures en Neck, coutures apparentes. Voyez la planche de bord en bois de rose, ces coussins cossus, cette odeur de club, ce signe extérieur de carton au Nasdaq… Souvenez-vous de Stirling Moss, de Dan Gurney… Pensez à cette saga britannique, à cette gémellité entre le Nord et le Sud, entre Modène et Coventry, du Mans à Monaco…
Aujourd’hui, Jaguar est vendue à Tata, aux indiens, en Asie… Belle revanche pour les nouveaux seigneurs de l’économie au soleil levant. Le fondateur de la marque au félin bondissant, Sir William Lyons, du tombeau de famille où il réside depuis 1985, doit sans doute lâcher un dernier hoquet en pensant à la compagnie anglaise des Indes et au temps de colonies…

Pierre d’o

Comme un malaise…

Je sais pas vous, mais moi, j’ai un peu les boules d’apprendre que Swiss se porte comme un charme.

Je sais pas vous, mais moi, j’ai un peu les boules d’apprendre que Swiss se porte comme un charme. Bien sûr, ça me ravit de savoir que celles et ceux qui ont toujours rêvé d’être hôtesse de l’air peuvent s’envoyer en l’air en toute quiétude, puisqu’il y a au moins un pilote dans l’avion… Bien sûr, ravalé, le petit caca nerveux contracté à la révélation du montant payé à Tyler Brûlé pour ces deux carrés rouge et ce nom écrit en Helvetica dedans…(ça s’invente pas !). Presque oubliée, la saine colère à l’énoncé des peines requises contre les anciens dirigeants, évidemment, étouffé un gloussement en apprenant que l’indéboulonnable Jean-Claude Donzel avait retrouvé un job, pourquoi pas, admis que Swiss n’était plus suisse, sûrement, fermé le caquet aux crétins qui, dans les brasseries bavaroises climatisées de Majorque, donnaient des leçons aux belges, aux français en parlant de « leur » compagnie » comme s’il l’avait pondue après le pipi du matin… Mais ce qui est dur, tout de même, franchement, c’est de constater qu’en ouvrant de nouvelles lignes, en soignant le service, en pratiquant des tarifs low cost et néanmoins business-friendly, Swiss dégage plus de bénéfice que dans ses belles années suisses ! Regardons-nous, barons de la finance, profs de gestion, donneurs de leçons, regardons-nous dans le miroir et rasons-nous de près, pour ne pas raser les pâquerettes.

Pierre d’o

10 ans…

Un peu plus loin que les fastes mondains de la fête, je m’attarde sur quelques visages, autour de quelques déplacements de corps féminins, libérant dans leur sillage, de petits courants d’air odorants

Un peu plus loin que les fastes mondains de la fête, je m’attarde sur quelques visages, autour de quelques déplacements de corps féminins, libérant dans leur sillage, de petits courants d’air odorants…

Le 17 mars, je fêtais les dix ans du Temps… Avec mes souvenirs de nouveaux quotidiens et d’aubes indigos, je venais boire une coupette, écouter deux ou trois pontes et me réjouir, vraiment, de la santé du journal. Ils se succédèrent, ces grands, au micro d’une tribune inaugurée par Valérie Boagno. De finance, il fut question, d’intrigues aussi, de mérite un peu, et même de niaiserie, si l’on relève celle du maire de Genève qui va bientôt regretter amèrement la direction du Courrier…
Mais point de femme, dans la prose pourtant riche de ces messieurs… Pas la moindre petite allusion courtoise au mérite des femmes du Temps… On est jamais aussi bien servie que par soi-même me direz-vous, et je vous donne raison. Alors servez-vous, mesdames, prenez-le ce pouvoir, tenez-les ces rênes, en douceur mais à deux mains. Prenez-le, ce Temps, changez-le, ce monde, qu’on en finisse. Je vous attends pour des valses à mille temps.

Pierre d’o

Insoutenable légèreté…

Après quelques brunes, une ou deux blondes, un fantasme et trois coups de coeur, manquait une toison rousse capable de me faire son cinéma.

Après quelques brunes, une ou deux blondes, un fantasme et trois coups de coeur, manquait une toison rousse capable de me faire son cinéma.
Vous allez me dire qu’en relation avec les spasmes qui parcourent notre planète, les révolutionnaires qu’on trucide, les princesses qu’on excise, le tiers-monde qu’on assoiffe, je suis un peu mièvre de vous déballer ma rouquine. D’accord. N’empêche qu’à verser dans la minceur spirituelle, autant qu’elle soit agréable à regarder. Rapport au cervelas, autre préoccupation nationale qui n’est pas parvenue, elle, à faire ma gorge chaude…
Et si je me sentais redevable d’une seule bonne raison, d’une ombre de légitimité, d’un nuage de circonstance atténuante, je vous dirai qu’elle avait hier son anniversaire. Isabelle Huppert, une de celles dont je me suis dit qu’elle devait nous faire souffrir, nous les hommes…

Pierre d’o

Soixante-quatre ans tantôt, la nana…

Oui je sais, ça colle pas bien avec l’air du temps, avec Björk et les orgasmes cathodiques de Brigitte Fontaine.

Oui je sais, ça colle pas bien avec l’air du temps, avec Björk et les orgasmes cathodiques de Brigitte Fontaine.
Pourtant, je l’ai entendue, je sais plus où, mais je sais quand. C’était samedi, mes chéries… Samedi 8 mars, la journée des femmes, la journée de ces longs vases entrouverts, de ces grands enfants chauds (pas mal, hein ? C’est pas de moi mais de Paul Morand…vous affolez pas, il est mort et ça doit être ce qu’il a écrit de mieux…) Entre mon jus de pamplemousse, donc, et la crotte de Zoé (le Yorkshire de ma miss qui est à Moscou jusqu’à ce soir…), j’ai entendu Sylvie Vartan.
Je sais pas pour vous, mais moi, quand j’entends l’interview d’une pisseuse de la star’ac, je sens comme un grand vide venu du néant. Passé le fantasme d’un câlin avec la blonde yéyé aux dents écartées, il reste une voix grave, comme un garçon… A part l’exode vers la France alors qu’elle n’a que huit ans, Sylvie parle d’une enfance heureuse, de gens qui s’aimaient, qui se respectaient.
Soudain, un peu plus graves, ses mots font résonner le destin, les chagrins. Une belle personne, savez-vous…
De l’intelligence, de la reconnaissance, de la tendresse… Une femme qui vit, qui respire et qui va…Décidément vous toutes, réjouissez-vous du temps qui vous va si bien…

Pierre d’o

Mise en garde à M. Sarkozy…

Attention, monsieur ! Prenez garde, ne songez même plus à prononcer son nom. Restez où votre misérable personnalité vous confine, où votre égo vous empêche de demeurer: le caniveau.

Attention, monsieur ! Prenez garde, ne songez même plus à prononcer son nom. Restez où votre misérable personnalité vous confine, où votre égo vous empêche de demeurer: le caniveau. N’y pensez pas, taisez-vous, arrêtez-là ce fiel démago, ces idées pourries. Elle ne fait pas partie de votre bande, de votre bord, de votre clique.
Cessez immédiatement toute réflexion, annulez tout rendez-vous, abandonnez toute action visant à vous occuper de près ou de loin de Madame Betancourt, ne rêvez plus une seconde à négocier quoi que ce soit avec qui que ce soit sur ce sujet-là. Ce n’est pas pour vous. Contentez-vous de vous pavaner, de vous dandiner sottement dans les salons, mais fichez-nous (définitivement) la paix. Madame Bétancourt est une révolutionnaire qui mourra peut-être au champ d’honneur, et vous n’y pourrez jamais rien.

Pierre d’o

Lettres ouvertes à Hillary et Monsieur Obama

Très chère Hillary,

Très chère Hillary,

Vous n’étiez alors « que » first lady…
Dans la lueur verdâtre de ce hall d’hôtel, vous avanciez de biais, dans le sillage du nouveau président…
Il y avait là deux mille personnes qui voulaient vous voir, vous sentir, vous toucher. Lui vous tenait par la main, vous tirant déjà dans les dédales de votre propre destin… Tout à votre légitime euphorie, vous trahissiez en riant, votre soif, votre appétit. L’humanité découvrait vos traits tendus, ce sourire célèbre, mi-joie, mi-rage…C’était un mardi, je me souviens, le 3 novembre, en 1992. Puis vous avez exercé la patience, l’intelligence, le pardon même, promené vos idées, l’esprit de couple et l’art savant de l’entretenir…
Je crois vous connaître, chère Hillary, et pour une fois, je n’avoue pas d’émoi, point d’instinct né de votre sexe opposé…
Je me contente de voir briller dans vos yeux les cinquante étoiles du « Old Glory »… Et pour autant, je sais que vous êtes sincère et que vous seriez la meilleure patronne des Amériques.
Aux pisses-froid vous jugeant froide et cassante, je dis que d’autres valeurs distinguent les femmes qui méritent le pouvoir que celles d’un fantasme roté au coin d’un bar. Et pour autant, je ne le prendrais pas, ce pouvoir qui vous irait pourtant si bien. C’est peut-être, chère Hillary, que les américains vous feraient trop de mal.
Et moi, je ne vous veux que du bien.

Pierre d’o

Monsieur Obama,

Ne vous y trompez pas, vous ne trouverez aucune félicité à battre Mrs Clinton.
La seule manière légitime de devenir président serait qu’elle vous cède sa place. Cela s’appelle de la galanterie, foutaise en dix lettres dont ne se préoccupent guère que quelques romantiques dont je fais partie. Ainsi donc pourriez-vous décider, Monsieur Obama, qu’un séjour de quatre ans à la maison blanche soit une sorte de bouquet ou de flambeau, démocrate évidemment, mais surtout intelligent, autre foutaise en onze lettres, celle-là, définitivement abandonnée par un nombre croissant de présidents… Monsieur Obama, si vous êtes quelqu’un de bien, si votre présence dans l’arène est dictée par l’espoir authentique de voir triompher les démocrates, cédez votre place à Hillary. Vous serez alors un grand homme.

Pierre d’o