Blues…

« Il n’y a pas d’homme extraordinaire. Les hommes pour moi, me paraissaient petits…c’est petit un homme..enfin c’est limité; ça vit ça meurt, ça aime, ça divorce, ça vous trompe…. »

« Il n’y a pas d’homme extraordinaire. Les hommes pour moi, me paraissaient petits…c’est petit un homme..enfin c’est limité; ça vit ça meurt, ça aime, ça divorce, ça vous trompe…. »

Alignés comme autant de petites lames de verre, ces mots,
dans la voix séraphique de soeur Emmanuelle, je m’y arrête, voyez-vous, prenant le temps de les écouter, puis d’en faire naître quelques contritions.
Faut-il le rappeler, soeur Emmanuelle, aujourd’hui décédée,
parlait bel et bien de nous les hommes, et non du genre humain.
Je savais déjà la veulerie, la paresse, la fourberie, la bêtise – le plus souvent – de ce que notre pauvre planète compte de mâles, violents mais sans force, amoureux mais sans élégance, gais mais sans esprit.
Je devine les millions de femmes qui se lèvent tôt, font le bien autour d’elles, font et refont, inlassablement, merveilleusement, ce dont les hommes ignorent même l’existence. Oui, les femmes font, donnant au verbe faire son plus beau temps, celui du présent.
Les femmes donnent et font la vie, les femmes donnent et font l’amour.

C’est bien vrai qu’il n’y a pas d’homme extraordinaire, même si certains d’entre-eux essayent de grandir un peu…

D’ailleurs je pardonne à soeur Emmanuelle de les ignorer. Je lui pardonne aussi de n’avoir tenu les lumières de la rampe à distance. N’aurait-elle pas été plus grande encore, sans être connue, comme toutes les autres ?