Mais qu'ai-je donc fait pour mériter ça ?

Qui parmi vous connaissait Christian Audigier avant ce soir ?
La scène se passe chez Laurent Ruquier, dimanche 17 mai vers 0h45 du mat.

Qui parmi vous connaissait Christian Audigier avant ce soir ?
La scène se passe chez Laurent Ruquier, dimanche 17 mai vers 0h45 du mat.

Tandis que Zemmour enfouit systématiquement des écrivains sous ses tonnes de critiques hermétiques, que Naulleau frise la baffe chaque samedi en esquintant les poètes populaires, Ruquier s’est fait mettre (pardonnez-moi !) par le plus grand crétin de la Jet Set californienne. Ce qui est préoccupant n’est d’ailleurs pas tant la sottise généreuse du bonhomme que l’incroyable complaisance de Ruquier et de son équipe. Qu’on m’explique comment ce type – à qui on ne prêterais pas un zloty – au demeurant très riche et bronzé, a pu débarquer avec une vingtaine d’enfoirés sur le plateau et littéralement prendre le pouvoir sous le rire benêt de l’assemblée ? Jusqu’à s’installer sur le siège de Ruquier en lui lançant : »Je peux même terminer l’émission à votre place si vous voulez ! ». La différence entre lui et les paumés qu’on équarrit dans les Star’Ac du monde, c’est qu’il a cinquante ans et qu’il peut tartiner sa bêtise sur des kilomètres carrés de marbre sans sourciller, lui.
Alors que des écrivains se font grailler le style, taquiner la syntaxe et bouder le sens, les deux méchants n’ont pas pipé le moindre mot sur ce bouquin (Mon American Dream !!) ni sur la légitimité de sa seule existence ! Simplement désolant ! Une nouvelle démonstration redoutable de l’impact de l’argent dans les médias, même ceux du « service publique ».

Si vous ne connaissiez pas Christian Audigier non plus, ne soyez pas trop inquiets, vous survivrez, croyez-moi. C’est moi qui risque peut-être ma peau en lui faisant la sienne.

Essentiel

Depuis des mois, au moment précis où, aveuglé par la lumière blafarde d’un écran, je décide de livrer quelques syllabes un peu moins banales, je me dis comme Vigneault que tout est dit…

Depuis des mois, au moment précis où, aveuglé par la lumière blafarde d’un écran, je décide de livrer quelques syllabes un peu moins banales, je me dis comme Vigneault que tout est dit… mais pas par moi !
Mais qu’ai-je à dire, au fond ?

Autrement dit, c’est peut-être ça qu’on attend, que ce qui doit être dit, puisse l’être plus d’une fois, mais autrement. Alors voilà.
La télévision est un média qui s’écoute et se regarde, se sent parfois, aussi. Hélas.
Et là, la nôtre (c’est à dire, celle qu’on paye !), s’est lancée dans un exercice qu’il valait mieux ne pas voir ni écouter. Restait l’odeur qui sentait le rance et le règlement de compte faiblard et ricanant. S’en prendre à Dylan, franchement…! Et si l’on s’en prenait à Marchand, à Keller ou à Nidegger, ou à tous les donneurs de leçons qui pourrissent la vie de cette planète en semant la discorde et le dédain sur ceux qui ont marqué leur temps…

Comme le Graf, mon pote de toujours, seul au monde, qui lui, sait Dylan, tous les Bob, Tom et le Rock qui bat dans nos coeurs, je dis: the answer, my friend, is blowin’ in the wind…