Yves Duteil…

Je l’avais laissé sur le petit pont de bois, me regardant filer, de ses yeux de grand frère attendri.

Je l’avais laissé sur le petit pont de bois, me regardant filer, de ses yeux de grand frère attendri.

J’avais pensé m’éloigner de lui, de la simplicité, de l’humilité, de l’authenticité.
Je fuyais alors les gens trop biens, trop doux; je tenais à distance ceux qui me serraient le coeur, leur préférant les rockeurs écorchés. Puis la vie est venue, déroulant ses nuits, son parterre d’enfants dont j’ai pris les mains, les galères, cachées l’été par les marronniers… J’avais presque oublié une voix, un poète, un type bien. Entre deux, j’ai du tolérer dans le désordre, les Dès, les Goya, les Dorothée… J’étais en train de mettre le poète entre parenthèse… Les années ont passé puis je me suis trouvé là, devant lui, le poète doux. C’était hier soir, au Festival du Chant des Beaux Humains, le bien nommé. Une vraie voix, un vrai regard, de vrais textes…
De quoi en somme se guérir un peu des grands corps malades en évitant leur slam démago et les rimes à deux balles.

Pierre d’o