Noirs plaisirs…

Le 27 juillet 2003, Bertrant Cantat a frappé Marie Trintignant, à mort.

Le 27 juillet 2003, Bertrant Cantat a frappé Marie Trintignant, à mort.

J’ai entendu: « Elle était peut-être difficile à vivre, exclusive, possessive, jalouse, insupportable qui sait…!? »…

Je reformule: Marie Trintignant est morte des suites de coups portés à la tête par Bertrant Cantat… Point. Barre. Que ce soit une baffe, une gifle trop forte, un geste même, c’est un coup. Je vois une grande main baguée, peut-être à l’index, je vois du THC, de la vodka, des mots, bravades, têtes brûlées, brume dans la tête, jeux, bousculade, baisers peut-être, n’empêche… Cantat, de ses mains d’homme, avec tout son talent, ton son désir, noir destin, Cantat, donc, a tué. Ses grandes mains d’homme ont volé à la face d’une femme, jusqu’à que sa petite voix s’éteigne dans la nuit.

Sincèrement, je ne connaissais pas Marie, et ma conscience s’arrête à son jeu de scène, à son minois d’enfer, à ce qu’elles m’inspirent toutes. J’aimais Bertrand et le vent qui le portait, quel gâchis. Huit années ont passé. Des parents pleurent encore comme ceux qui perdent un enfant, des fans sont perdus, tout le monde est perdu, le monde pleure un amour, des enfants sont là, quel misère.

Cantat remonte sur scène… Bien droit, de sa voix d’homme, il chante, vivant: c’est obscène. Voilà ce que je pense de la contrition élémentaire, de l’humilité, du pardon. Que le vent t’emporte, Bertrand.

Pierre d’o

Printemps…

Il fallait que je ponde quelque chose pour le printemps…

Il fallait que je ponde quelque chose pour le printemps…
Je sais pas moi…un truc sympa, un petit papier qui bourgeonne, quelques mots qui s’envolent. Un truc où vous pourriez me dire que je devrais en faire plus souvent… Un truc facile avec des jolis mots, des paroles qui s’enfilent, des idées qui s’entrechoquent… Ce qui me choque, en ces temps de giboulées électorales, de râles radicaux, de gel spirituel, ce qui fait de moi un de ces anars dépités, c’est de mesurer la mauvaise foi des anti-écolos. Pendant cent ans, tout à leur euphorie béate, nos aïeux  ont copieusement ignoré l’impact désastreux de l’ère industrielle sur la nature. Puis quelques illuminés – auxquels disons-le, sandales et chandails en jute n’ont amenés aucun crédit – ont avancé que peut-être, le plomb, les phosphates, le mercure, le c02 et quelques charmants résidus de notre progrès pourraient éventuellement causer quelques menus désagréments… mais peut-être, seulement…
Les verts étaient nés, et avec eux leurs sceptiques, niant sauvagement les effets des émissions massives des gaz à effet de serre. Prend garde à toi, ô ma terre, ma planète bleue qui a survécu cinq milliards d’années durant aux parasites égoïstes qui t’ont colonisée. Un nouveau type d’ennemi prend forme aujourd’hui, résigné, ne niant plus, ne doutant plus, n’objectant plus. Une race qui accepte, qui se délecte et se vautre dans le luxe et la débauche de la croissance…
Quand on leur dit que la terre ne peut faire vivre décemment qu’un milliard d’individus, ils répondent: « Et alors ? »

Pierdo

Prenons garde, nous tous, invités sur cette planète bleue.

Prenons garde à ne pas nous prendre trop au sérieux, 
à ne pas se moquer, à ne pas nous emporter, à ne pas hurler, 
à ne pas céder, à ne pas négliger, à ne pas provoquer, 
à ne pas torturer, à ne p

Prenons garde à ne pas nous prendre trop au sérieux, 
à ne pas se moquer, à ne pas nous emporter, à ne pas hurler, 
à ne pas céder, à ne pas négliger, à ne pas provoquer, 
à ne pas torturer, à ne pas ignorer. 
 »Our true nationality is mankind. » (notre vraie nationalité est l’humanité) écrivait H.-G. Wells en 1920 dans son « Esquisse de l’histoire universelle « .
Oublions un peu Allah, Bouddha, Dieu, le nord, le sud, ouvrons les yeux.
Ibrahim, si tu aimes Mattatia, épouse-là, appelez vos enfants Ulla et John, parlez-leur, faites-leur écouter Imagine, lire l’éloge de la faiblesse, regarder les hommes et les femmes comme ils vous regardent, faites-les s’interroger, questionner, marcher, chanter, remercier.
Non, ce n’est pas être baba que de remercier à la terre de nous porter.


Pierd’o

Evidemment, elle est un peu trash, Amy, avec sa tessiture Guiness…

Moi j’ai trouvé cette photo. Encore une de volée visiblement, ou alors jugée inutilisable par les rédactions de Gala, Stern et Gente.

Moi j’ai trouvé cette photo. Encore une de volée visiblement, ou alors jugée inutilisable par les rédactions de Gala, Stern et Gente.

Une photo qu’on aurait pu trouver dans un album de mariage, avec des restes de colle au dos… une photo ratée, prise par un pote bourré au petit matin, une photo que le petit frère aurait volée pour la montrer aux casseurs de sa classe, pour se faire bien voir… Alors je me suis amusé en noir-blanc, à laisser un peu de rose-fille, de vert acidulé et de petit pois… N’est-elle pas belle, Amy, fille perdue, pieds nus dans la rue… La couleur est comme une île de pudeur sur ce corps rond qu’elle maltraite. Je me dis qu’elle est peut-être au fait de son état, qu’elle est troublée de vivre encore. Quand elle relèvera la tête, vous découvrirez un regard, comme un discours à cette planète qui cultive la dèche du show biz… ça me trouble d’imaginer ce qu’elle pense de nous, les hommes…
Une chose est sûre, moi, je ne lui ferais pas de mal… et vous ?

Pierre d’o