Day after tomorrow

Etes-vous de Gaza, de Dehli ou de la Terre, tout simplement ?
Peut-on vous reconnaître à vos épaules menues, à votre voix, perchée si haut ?

Etes-vous de Gaza, de Dehli ou de la Terre, tout simplement ?
Peut-on vous reconnaître à vos épaules menues, à votre voix, perchée si haut ?
Peut-on rêver à vous aimer, redouter de ne jamais vous rencontrer, regretter de vous quitter, déjà ?
Savez-vous mettre en nous la force qui vous manque, nous montrer qu’aimer c’est comprendre ?
Savez-vous deviner, marcher, souffrir et ne mot dire ?
Pouvez-vous aimer, vraiment ?
Au verbe maudire préférez-vous sourire ?
Allez-vous comprendre que vous n’êtes plus notre avenir mais celui du monde ?
Allons-nous comprendre que de la rue aux feux de la rampe, du sable rouge des camps aux plis d’un drap de satin, votre mystère est celui du monde ?
Allons-nous donner à ceux qui vous ressemblent, le goût de sauver ce monde ?
Etes-vous maman, ou femme, tout simplement ?
Comment peut-on lever la main sur vous ?
Demain, je pense à vous toutes, évidemment.

Pierre d’0

Erhard,

Tu appartenais à cette famille de gens dont j’attrapais des bouts de vie, des traits de caractère, un état d’esprit.

Tu appartenais à cette famille de gens dont j’attrapais des bouts de vie, des traits de caractère, un état d’esprit. Par les mots de Jean et Mireille Troillet, de Nicole Niquille ou de Mike Horn, je me suis construit ton image, j’ai compris tes solitudes, tes Himalayas.
Ta patience, tes impatiences…
Je sais que tu écrivais tout, les lieux, les heures, la météo, les humeurs, les gens…
A la petite aube du 28 avril dernier, jour de ton anniversaire, tu aurais pu écrire : “Cinquante et une fois que ça m’arrive, à l’est, du rouge derrière mon décor, ses montagnes; plus haut, le noir qui cède au bleu, doucement, me laissant rêver que ma plus haute montagne reste à grimper…

La vie t’a fait ta fête, Erhard; je ne serais pas moins triste si je t’avais connu.

Pierre d’o