L’Euro qu’on mérite…

Je ne connais rien au foot, personne n’a su me donner une définition conviviale du “hors-jeu”, je n’aime pas Blatter et tout ceux qui confondent sport et business

Je ne connais rien au foot, personne n’a su me donner une définition conviviale du “hors-jeu”, je n’aime pas Blatter et tout ceux qui confondent sport et business, je ne crois pas une seconde que les millions de têtards qui tapent dans des ballons de fortune dans les banlieues crasseuses de Sao Paulo ou de Séoul, rêvent d’autre chose que d’échapper à leur vilain futur, je ne crois pas à la beauté du geste, l’identification des peuples à leurs champions m’exaspère autant que leur stupide et gratuite fierté, je suis convaincu que le foot ne vaut pas mieux que certaines religions qui entraînent dans leur sillage factice les plus modestes d’entre nous…

Dimanche, l’Italie et l’Espagne s’affronteront en finale de l’Euro 2012…
Deux grandes nations du foot devant l’éternel…

Hier, les dirigeants de la zone Euro ont convenu d’une aide de 120 milliards d’euros…à l’Espagne et à l’Italie…! Vous allez me dire que ça n’a rien à voir… mais vous ne m’empêchez pas de me dire: “On a l’Euro qu’on mérite!”

Pierre d’o

Rien à foot !

Je sens que je vais me faire des amis, là…

Je sens que je vais me faire des amis, là…
J’étais hier soir à Lausanne vers 23h00, traversant la place de l’Europe en direction de la station de métro.

Non, je n’ai pas passé ma soirée à siroter des hectolitres d’insipide Heineken tiède dans des gobelets en plastique, dans ce que les vaillants organisateurs appellent la “Fête de la Musique”. Soirée cinéma avec le déroutant “Adieu Berthe” de Podalydès qui s’en tire plutôt bien avec le jeu des excellentes Isabelle Candelier et Valérie Lemercier…

En arrivant au bord de la route qui borde la place en boucle, une bonne trentaine de véhicule pétaradant, klaxonnant, se massaient derrière un cordon de police à la hauteur de l’ascenseur. “Connards, enculés !” lâchait ce jeune homme en débardeur, canette au bout de son bras levé. Tout ce que Lausanne et sa banlieue devaient compter de pistons se mirent en branle une fois la route ouverte. Crissements de pneu, coup de gaz jusqu’au rupteur, quads, scooters, wheeling improbables, gamines tendues à l’extérieur des fenêtres, frisant la chute à tout moment, drapées de vert, de rouge et d’or…le Portugal, ou plutôt Ronaldo venait de marquer, et donc de gagner sa place en demi-finale de l’Euro.

Je dois être vieux, définitivement, vieux et con, mais je dois avouer que j’aime encore moins le foot et l’effet qu’il produit sur nous. Mon coeur compte quelques amis portugais, très chers et auxquels je tiens. Ils sont travailleurs, intelligents, volontaires, cultivés et pour les natives de cette terre aux confins de l’occident, séduisantes, douces et résidentes inconditionnelles de mon coeur. Mais à l’heure où le pays, comme son voisin et d’autres bientôt, se meure, se dissout dans l’Europe du fric et de la frime, cette démonstration m’a convaincu que le foot n’amène rien, mais alors strictement rien à l’être humain, que du rêve et du nationalisme gratuit. Je dois être vieux et con… Meus amigos portugueses, eu o amo.

Pierre d’o

Se souvenir de l’essentiel…

a notoriété, en ces temps difficiles, que l’on ait fait perdre un milliard à une banque, ou que l’on ait copulé dans une piscine sur M6 et en prime time, que l’on soit le fils, l’otage ou l’assassin de, la notoriété disais-je, voyez-vous, tient en somme à peu de choses…

La notoriété, en ces temps difficiles, que l’on ait fait perdre un milliard à une banque, ou que l’on ait copulé dans une piscine sur M6 et en prime time, que l’on soit le fils, l’otage ou l’assassin de, la notoriété disais-je, voyez-vous, tient en somme à peu de choses…

A l’aune de la valeur des oeuvres, des actes ou des vies, tout simplement, la notoriété ne s’embarrasse pas des détails. Un quart de buzz, un soupçon d’Illustré, un zeste déplacé…et hop, on est prêt pour Ruquier, Ardisson, Darius ou, soyons fous, Fathi et le grand oral de sa Télé…

Absentes substantielles parmi les qualités que l’on souhaite aux grands de ce monde, éloquence, intelligence, modestie, culture, authenticité, créativité n’étranglent pas certains locataires de l’excellente Wikipedia. Ainsi et en vrac,  chansonnier pour enfant sur le retour, directeur d’école d’art sur le départ, leader xénophobe, épouse de navigateur vaincu semblent réunir un nombre de critères très suffisant pour voir leur étonnante biographie s’afficher…

Chagrin, dépité, remué comme un mauvais matin, je m’interroge…

Il y a vingt ans naissait la Fondation Mère Sofia, du nom de cette moniale orthodoxe dévouée aux plus démunis d’entre nous…

De cet femme affable, farouchement anonyme, généreuse dans ses luttes, ses actions, ses interpellations, pas de trace dans l’encyclopédie du nouveau millénaire…Chercher l’erreur…

Pierre d’O