Preuve d'amour…

En plus de la souffrance, du manque, de l’amour-propre blessé, il faut respecter le silence, la distance, aider l’autre à tenir bon, préserver les miettes de considération qui restent, se limiter,

En plus de la souffrance, du manque, de l’amour-propre blessé, il faut respecter le silence, la distance, aider l’autre à tenir bon, préserver les miettes de considération qui restent, se limiter, se restreindre…
Rôle de misère alors qu’on se sent conquérant, prêt à tout pour déployer l’océan de tendresse et d’attention qui nous anime…
Le laisser voguer à son aise, le réconforter presque, lui prouver qu’on l’aime en lui épargnant nos larmes… Ne rien pouvoir y faire, ne pas pouvoir rassembler ses forces et escalader la montagne, franchir le fleuve, braver le monstre…

Un rôle à l’envers où le courage est l’abandon et le silence de l’amour…

Pierre d’o

Larmes, processions, incantation, indignation

Tout le monde se fout de tout le monde, comme les bipèdes asservis et écervelés de « La Machine à remonter le temps » de Wells.

Tout le monde se fout de tout le monde, comme les bipèdes asservis et écervelés de « La Machine à remonter le temps » de Wells.

Un capverdien meurt poignardé à 5 heures du matin à la place de l’Europe…à Lausanne, cette bonne vieille « paysanne qui a fait ses humanités » comme le chantait le poète
Alors on se rassemble, on déploie des banderoles, on pose des fleurs, des bougies, on imprime des t-shirts, on créé des pages Facebook, des poèmes, on pleure, on implore, on scande, on interpelle les autorités: « Il faut que cela cesse, toute cette violence, mais que fait la police, c’est un scandale ! »
Je ne vais pas me faire des amis, là mais franchement, ça fait quoi, un honnête père de famille nombreuse, à 5 heures du matin, à la place de l’Europe ? Les nuits lausannoises, l’alcool, la fête, la techno, ça n’engendre pas l’amour, la générosité, l’attention, la conscience des autres… N’attendez rien des autorités, de la police, ou alors allez jusqu’au bout. Faites interdire les fêtes et mettez-vous à vous aimer, pour de bon, pour de vrai.

Pierre D’o