Le dernier mot…

N’avez-vous jamais été fascinés par l’idée du début et de la fin d’une chose ?
Le début et la fin d’un livre ? Le vrai début, vous savez, la première phrase du premier chapitre et le dernier mot de la dernière page ? Pas l’avant-propos, le préambule, la préface, non, le vrai début…
N’êtes-vous pas hantés par le début de la vie, cette expulsion dans un râle rauque, puis le moment précis où le coeur cesse de battre, l’endroit précis où la source jaillit d’un rocher moussu, suintant d’abord modestement, puis l’endroit exact où, dans l’estuaire, l’eau douce se corse aux limons de l’océan, l’étincelle précise où deux êtres se rencontrent, puis le moment exact où l’un d’eux referme la porte sur l’aventure ?
Entre deux, il y a le milieu, ce qui est induit par le début et qui précède la fin, il y a ce qui relie anecdotiquement le début à la fin de toute chose. Il y a l’histoire qui ne saurait être sans son début et son dénouement. Il y a le cours des choses. Le début et la fin de celles-ci. Et entre les deux, un prétexte, une épopée, une vie. Une vie pour rien, parfois. Une vie d’aubes grises, de réveils au chant du coq, de jours médiocres qui s’égrainent sans raison, l’un donnant naissance au suivant, comme la clope dont on se sert pour allumer la suivante…
Vous voyez bien que j’ai toujours le dernier mot…

Pierre d’o

Mémoire courte

Comme si nous avions eu besoin de l’échec de Federer pour mieux soutenir Wawrinka…

Comme si nous avions eu besoin de l’échec de Federer pour mieux soutenir Wawrinka… Comme si nos coeurs de supporters n’étaient pas assez grands pour encourager plus d’un champion à la fois… Dans les minables commentaires proférés à l’occasion de l’élimination de Federer à New York, on décèle cette confusion que public et médias entretiennent avec leurs concitoyens sportifs.
Une identification puérile qui réunit aussi les fans de foot avinés, trompetant, vociférant dans les rues lorsque « leur » équipe gagne un match. Comme si coulait dans leur veine le même sang qui propulse leurs champions.
Cela s’appelle « le chauvinisme » je crois, exactement ce que nous inspiraient les bavardages roublards de nos voisins de l’hexagone, oubliant soigneusement les résultats des athlètes qui ne portaient pas bannière tricolore…Wawrinka est en forme, soit. Réjouissons-nous que le tennis suisse se porte bien, même si la « relève » se fait vieillissante. A 28 ans, « Stan » a peu de chance de détrôner les 9 loups qui le précèdent au classement ATP avant d’atteindre lui-même l’âge de Federer… Mais surtout, fichons la paix à Federer et laissons-le nous enchanter sur les courts, pour notre plaisir, mais pour le sien, aussi.

Pierdo

Le vide, le néant…

Il faut espérer que l’agence qui a commis cette navrante campagne s’en est mis plein les poches….et le réservoir !

Il faut espérer que l’agence qui a commis cette navrante campagne s’en est mis plein les poches….et le réservoir !

On croit rêver. Peut-être que le dégoût m’égare… Peut-être que «le plein» est un mot porteur d’espoir, d’horizon vert et renouvelable, de poésie transcendantale, de romantisme absolu… Peut-être suis-je devenu vieux et que, contre toute attente, le pétrolier azéri, ayant gobé Esso Suisse, séduit Migros et perfusé le Montreux Jazz Festival, est en train de devenir la marque «In» et ses stations services des « places to be»… Un nouveau crédo, une réponse à la pénurie occidentale de spiritualité, une quête du graal, une marche vers la plénitude… Peut-être que tout ça, mais moi, la mousmée en apesanteur brandissant un pistolet à essence, ça me fait courir  commander un abonnement général CFF, malgré tout…

Pierre d’o

Marie, encore…

Bien sûr, il faut pleurer Marie et souffrir avec les siens.

Bien sûr, il faut pleurer Marie et souffrir avec les siens.

Bien sûr, l’abomination nous aspire dans son tourbillon et les médias veillent, leur grosse langue jaune pendouillant hors des caissettes, le matin… Bientôt l’Illustré – patience, plus que cinq jours – les portraits des bons et des méchants, les photos du paradis puis de l’enfer, les fleurs, les marches blanches, les blogs, les pleurs, la misère…
Bien sûr, je suis triste de voir cette jeune vie ôtée, exclue de notre entourage, rayée de nos listes d’amis… Bien sûr c’est impardonnable, mais la victime, ce soir, n’est pas celle qu’on croit. Avec leur bricolage, juges et psychologues ont ravagé bien plus que nos coeurs apitoyés. En lisant quelques lignes sur ce qu’on appelle encore «les réseaux sociaux», je vu s’évaporer l’espoir des hommes dans les limbes de la haine populaire. J’ai vu des photos de tables d’exécution, j’ai lu des insultes, j’ai entendu des vociférations réclamant le rétablissement de la peine capitale…J’ai sentis les gens glisser loin de leurs propres idéaux, j’ai vu mourir l’espérance. Le minus qu’a laissé s’échapper notre justice n’est que l’otage de nos propres consciences, malmenées, secouées, puis stimulées par le nombre et la nature des affaires, toujours plus sordides et perverses. Oui, c’est bien l’espérance dont on doit faire le deuil aujourd’hui, Marie n’en est que la marraine sacrifiée.

Pierre d’O

Pauvre de nous…

Nous qui avions pratiquement achevé de convaincre les éco-sceptiques de notre lugubre impact sur le cours des saisons, voilà que notre climat rassemble ce qui lui reste de force givrée pour nous enquiquiner jusqu’à l’hypothermie !

Nous qui avions pratiquement achevé de convaincre les éco-sceptiques de notre lugubre impact sur le cours des saisons, voilà que notre climat rassemble ce qui lui reste de force givrée pour nous enquiquiner jusqu’à l’hypothermie !

Depuis bientôt 10 ans, je note la floraison de «mon» magnolia, qui ne m’appartient pas mais qui a le bon goût de déverser en une nuit sur mon chemin, les pétales que ses collègues pommiers et cerisiers, mettent pingrement 10 jours à livrer…! Le 2 avril en 2004 et en 2008, le 30 mars en 2005, 2007 et 2009, le 8 avril en 2010, le 28 mars en 2011 et…le 24 mars en 2012 ! Ceux qui savourent mes écrits auront remarqué qu’il manque l’année 2006 et son printemps qui s’est bien fait attendre en laissant éclore quelques rescapés du gel le… 17 avril ! Perspective d’un record battu, voilà aujourd’hui à quoi ressemble la promesse de notre printemps, kaki et poilue, un tue-l’amour quoi… Je veux ces trucs roses et inutiles que mon arbre trop heureux de voir les filles en jupe, lâche comme des pétards un soir de fête. Je veux ranger mes chaussettes, mes polaires et renvoyer la neige dans les souvenirs du pôle, je veux du bleu en haut, du vert en bas et du soleil dans nos coeurs…S’il vous plait…

Pierre d’o

Etre médecin… "Relecture".

J’aime les médecins. Ou plutôt tous les êtres humains qui, à un moment de leur existence, décident de dédier leur vie à la médecine.

J’aime les médecins. Ou plutôt tous les êtres humains qui, à un moment de leur existence, décident de dédier leur vie à la médecine.

Enfant, je m’endormais avec « Docteur Jean », le personnage qu’avait imaginé Maman. Ma soeur et moi attendions la suite de cette jeune vie dédiée aux autres, à leur santé, à leur bien-être, à leur bonheur, aussi. Son parcours n’avait pas été simple… Docteur Jean n’était pas très porté sur l’algèbre. Il s’était faufilé avec son sourire, dans les méandres de ses propres équations, bardé de son seul courage, celui d’en découdre avec les écueils de ses longues études. Docteur Jean était doux, un peu roux, pas trop. Tout le monde l’adorait. On le consultait, on l’écoutait. Il disait des mots simples, faisant de sa pratique l’instrument de son intérêt pour les autres.
Il y avait des drames, de la joie dans cette vie-là, du printemps, de l’espoir, un jardin, des êtres humains. Il y avait du réconfort dans ce monde-là…
En voyant vivre des médecins qui font autre chose, Ruffin, Aebischer, je me dis qu’on est médecin, une fois pour toute, qu’on tient ça bien au chaud, dans le creux de sa main, à l’ombre de son coeur; ça se voit dans les yeux, ça se sent dans leur bonheur. Je suis entouré de médecins, d’amies et d’amis. J’aime leur calme, leurs mains propres, cette posture qui les tourne vers les autres.
Je ne suis pas médecin et ne le serai jamais. Je continuerai donc de les aimer, regrettant de n’avoir donné à Maman la joie d’en devenir un, qui sait…

J’y pense, il y en a bien un que je ne comprends pas, ni ses choix, ni ses millions, ni ses honneurs; lui est loin du coeur de Docteur Jean, du mien et de celui des gens. Non, décidément, je ne comprends pas Monsieur Vasella.

Pierre d’o

Saint-Valentin…

Paraît qu’à cette occasion, hommes et femmes se donnent bonne conscience en se couvrant d’attentions stupides, échappant étrangement, l’un et l’autre, à ce qui serait pris, n’importe quand, pour un

Paraît qu’à cette occasion, hommes et femmes se donnent bonne conscience en se couvrant d’attentions stupides, échappant étrangement, l’un et l’autre, à ce qui serait pris, n’importe quand, pour un aveu puis une contrition… Ainsi donc la Saint-Valentin ne serait qu’une soupape hivernale, bardée de fanfreluches et de coeurs en toc, de cadeaux kitch et de bouquets beauf… Une sorte de grand pardon façon Manor ou Globus, voire Denner ou même Aldi… Alors moi qui n’ai d’autres occasions de vilipender quelques bisous, de semer quelques mots doux, à vous toutes, je vous dis merci de ne pas nous ressembler, à nous, les hommes et d’oser demeurer telles que vous êtes, sans poils et sans foot, sans chope et sans bide.

Pierre d’o

Passer l’aspirateur nuit à la libido masculine

« Plus un homme marié fait le ménage, moins il a de rapports sexuels, selon une étude sociologique américaine ».

« Plus un homme marié fait le ménage, moins il a de rapports sexuels, selon une étude sociologique américaine ».
24 heures, 30 janvier 2013

Après le traitement de la dépression du bobtail et les massages abdominaux prodigués au chat commun, voici le régime sans aspirateur du quinqua européen à poil court…

Comme je vis seul, personne, à priori n’est censé fouiller mes placards pour débusquer mon vieux Hoover toussoteux. C’est donc à moi qu’incombe, ainsi que mon éducation judéo-calvino-chrétienne me l’impose, la tâche de promener le sceptre hurlant du parfait petit nain docile dans les moindres méandres du logis…

En lisant l’article paru dans 24 heures, je me sens un peu homme-objet non ? Mesdames, mon ardeur sera à la mesure des minons qui virevoltent au-dessus des meubles, à la hauteur du lit et du théâtre de nos futurs ébats, au niveau de la table où dansent les chandelles du succulent repas…

Mais gageons que l’étude américaine nous parlera bientôt des méfaits ravageurs de la pratique du fer à repasser et des effets secondaires suivant les excès de plonge chez le citoyen moyen ventripotent de l’Utah central…

Homo occidentalis erectus lambda, prends ton destin en main et renonce définitivement aux tâches ménagères, pour le bien-être sexuel de ta compagne.

Pierre d’o

Les dimanches qu'on mérite…

Si comme moi le dimanche, vous hésitez entre une course en montagne, un tour en vélo, un pic-nic, une virée en moto, une grasse matinée avec câlin, une journée d’écriture, de lectu

Si comme moi le dimanche, vous hésitez entre une course en montagne, un tour en vélo, un pic-nic, une virée en moto, une grasse matinée avec câlin, une journée d’écriture, de lecture, une tournée de musées, une journée de rangement, de remise en question, une séance de glandage sévère, une visite à la famille, un brunch entre amis, une leçon de jardinage, si comme moi, vous savez que vous vous retrouverez en fin de journée en constatant que vous n’avez STRICTEMENT rien fait, si le fait que cela ne vous déprime même pas vous déprime, si pour toutes ces raisons, pour tout cet enthousiasme forcené vous décidez de vous lever à 8h pour votre premier café, n’allumez pas la radio et surtout pas le Première. On vous a supprimé les Zèbres, Aqua Concert, la Soupe et j’en passe, mais pas Monsieur Jardinier ! Alors depuis hier, à toutes ces activités qui pourraient me faire oublier que c’est dimanche, je rajoute le suicide… On pourrait se retrouver tous et faire ça ensemble en écoutant Monsieur Jardinier, jusqu’à l’accident cérébral…

Pierre d’o